Par Pauline Bion et Martin Chanteranne, fondateurs de Mecenia
En France, la culture est souvent présentée comme une charge budgétaire. Nous pensons qu'elle est une richesse économique et un pouvoir d'influence. Mecenia, association loi 1901 basée à Paris IXe, est née de cette conviction.
Deux parcours, un même constat
Tout commence par une conversation entre deux étudiants. Pauline se forme en histoire de l'art à l'École du Louvre. Elle a été médiatrice au Palais Galliera et a participé à la Biennale d'Aix. Martin a étudié le droit à Paris Panthéon-Assas puis à Genève, avant de se spécialiser en propriété intellectuelle, en master au CEIPI (Université de Strasbourg).
Nous nous sommes tous deux engagés dans le Mouvement des Junior-Entreprises. Nous y avons rencontré des dirigeants, des institutions et des associations, lors d'événements et de tables rondes. Au fil de ces échanges, le même constat est revenu : la culture n'occupe plus le centre de l'attention des pouvoirs publics ni des acteurs économiques. Quand elle apparaît dans un budget, c'est comme une dépense, rarement comme un investissement.
Nous avons donc voulu créer un cadre durable pour faire dialoguer ces deux mondes. C'est la raison d'être de Mecenia.
Une richesse sous-estimée
Les chiffres officiels montrent l'écart entre le poids de la culture et la place qu'on lui accorde. En 2024, les branches culturelles ont généré 54,1 milliards d'euros de valeur ajoutée, soit 2,1 % de l'économie française (source : DEPS, ministère de la Culture).
Cette mesure ne dit rien de l'attractivité des territoires, du rayonnement international ni de la cohésion sociale. D'autres données montrent aussi des fragilités. La fréquentation des musées et monuments stagne autour de 40 % depuis 1973. L'accès à la culture reste inégal : 77 % des Parisiens s'en disent satisfaits, contre 42 % dans les communes rurales.
Notre ambition est que la culture représente 5 % du PIB de la France d'ici 2040. Cet objectif est le nôtre, pas une prévision. Il exige de changer d'échelle, et donc de regard.
Notre mission
Notre objet est fixé par nos statuts : implanter les mondes culturels dans la sphère économique, auprès d'acteurs traditionnellement éloignés de cet univers. Il tient en quatre missions :
- Favoriser la rencontre entre acteurs économiques (entreprises, organisations professionnelles, fondations, philanthropes) et acteurs de la culture (institutions, musées, société civile).
- Faire émerger une vision de la culture comme opportunité économique et facteur de compétitivité.
- Porter des propositions pragmatiques, notamment dans le champ des affaires publiques, sur le financement, la valorisation et la protection de la création et du patrimoine.
- Organiser et publier : événements, colloques, études et tribunes.
Nous voulons que le dialogue précède le plaidoyer. Avant de proposer, il faut se rencontrer.
Nos principes
Mecenia n'est ni un lobby économique ni un syndicat culturel. C'est un lieu de rencontre, où chacun garde son rôle. Trois engagements structurent notre action :
- L'exigence : nos propositions s'appuient sur des données officielles et seront accompagnées par un conseil scientifique.
- L'intégrité : gestion bénévole et désintéressée, déclaration d'intérêts annuelle des administrateurs, séparation stricte entre présidence et trésorerie.
- Le temps long : Mecenia est pensée comme une association aujourd'hui, avec à terme une société dédiée aux activités facturables, puis l'étude d'une fondation.
Vous pouvez retrouver l'ensemble de nos six valeurs sur la page Nos valeurs.
Ce que nous construisons
Notre finalité est un rendez-vous annuel de référence : les Rencontres de la Culture et des Affaires (RCA). Elles réuniraient décideurs économiques et acteurs culturels autour de propositions concrètes. Elles ne sont pas encore datées ni localisées. Nous les construisons pas à pas, à mesure que notre réseau se structure.
D'ici là, nous lançons des formats accessibles :
- un premier webinaire pour éprouver notre format d'échange ;
- un cycle de colloques thématiques ;
- une première note de position de 2 à 4 pages sur le financement de la culture en France.
Le détail figure sur la page Nos projets.
Pourquoi « Mecenia » ?
Nous voulions un nom distinctif, facile à retenir et à protéger. « Mecenia » évoque la longue tradition du mécénat, ce geste qui unit la richesse et les arts, sans s'y réduire. Notre identité visuelle, sobre et patrimoniale, assume cette filiation.
Rejoignez-nous
Mecenia se construit dès aujourd'hui, avec ses premiers membres et partenaires. Trois façons de participer :
- devenir membre actif (personne physique, par cooptation puis ratification en assemblée générale) ;
- devenir membre partenaire (entreprise, organisation professionnelle, musée ou institution) ;
- suivre nos travaux pour recevoir nos publications et invitations.
Aucune cotisation n'est exigée à ce jour. Rendez-vous sur la page Adhérer ou écrivez-nous à contact@mecenia.org.
Dans les prochains articles, nous reviendrons sur les chiffres de la culture, sur le mécénat et sur la préparation des RCA.
